Il revient à l'être humain de donner un sens à la réalité.

Hubert Reeves

 

L'environnement

Les technologies développées par l’homme lui ont permis de répondre aux aspirations d’une existence meilleure. Cependant, l’activité qui en découle est devenue plus difficile à contrôler, et l’impact important sur une nature autrefois nourricière et régénératrice. La Chaîne des Puys, espace longtemps isolé, n’échappe pas à l’évolution. On citera quelques points comme les transformations de l’activité agricole, le tourisme grandissant, les transports qui bouleversent les voies de circulations. La prise de conscience, toujours en retard par rapport au différents processus, tend à trouver des solutions compensatrices. Cet effort permanent de sauvegarde de notre environnement doit bien sûr être partagé par tous...

Les risques

Les carrières : la pouzzolane, et ses qualités d'isolant thermique, est exploitée aujourd'hui de façon plus réglementée. Sans mesures particulières, bon nombre de volcans auraient été détruits ou défigurés.

La Chaîne des Puys a été longtemps boisée d’arbustes (noisetiers, hêtres ...) quand une modeste agriculture pastorale entraîna le défrichement des pentes des volcans. Aujourd’hui, cette activité s’est réduite de façon significative. Les surfaces non entretenues se peuplent de taillis, d’autres sont reboisées de conifères. Ces changements ont une incidence visible sur le paysage. Sans risque écologique, cette lente transformation n’affecte que l’esthétisme du lieu.

Le tourisme : phénomène moderne, c’est sans aucun doute un facteur potentiellement destructeur à surveiller. Victime de leur beauté, ces paysages deviennent l’assaut de milliers de personnes, qui en toute bonne foi, piétinent, usent, érodent une nature d'altitude toujours fragile. On ne peut contingenter ces masses, ce serait contraire à toute éthique, mais des moyens doivent être mis en place, complétés par une large information, pour offrir à tous nos visiteurs des paysages magnifiques, qu’ils respecteront.

Les échelles de passage de clôtures : symboles pratiques de l'alliance de la randonnée et de l'exploitation agricole.

D'autre aménagements, tels que les escaliers, pour les randonneurs évitent ainsi la dégradation des sols.

Encore peu nombreux, il est temps de multiplier ces équipements avant l'arrivée massive des visiteurs, surtout dans les zones phares de la Chaîne.

Les initiatives touristiques : elles s’inscrivent dans l’évolution normale de la vie. Mieux faire connaître notre région est louable. Cela doit passer obligatoirement par des solutions raisonnables, bien pensées et complètes, qui tiennent compte des spécificités liées au milieu unique d’un ensemble volcanique.

Les voies de communication : la Chaîne est géographiquement un obstacle. Très peu peuplée, elle est aujourd’hui le lieu d’un intense passage. Les transports actuels ont, malgré les efforts technologiques en cours de développement, des effets certains sur la nature.
Ainsi, peut-on dire que ces paysages, nés il y a à peine quelques milliers d’années, conserveront leur aspect sauvage au court des siècles à venir ? A moins que des éruptions viennent tout bouleverser...

Les acteurs engagés

Les collectivités sont bien sûr en première ligne avec le Conseil Régional d’Auvergne , le Conseil Général du Puy de Dôme, et toutes les communes de la Chaîne. Conscient de l’extraordinaire patrimoine géographique, chacun multiplie les projets et les initiatives pour mettre en valeur le site. On peut quand même parfois s’interroger sur le parfait accord de tous les partenaires, car il peut exister quelques divergences.

Le milieu associatif, très présent mais très varié, il peut contribuer également à la mise en valeur de la région et à sa préservation.


Les Habitants
sont naturellement les grands acteurs qui évoluent dans ce décor magnifique. Qu’ils soient agriculteurs, ou autres professions, c’est d’eux que dépend le sort de la Chaîne des Puys. A eux la vigilance, les initiatives, l’amour de ce coin d’Auvergne, pour les générations futures...

Au pied du Puy de Côme, fondu dans la verdure, le Parc Européen du Volcanisme : Vulcania, une structure permanente consacrée à la découverte du volcanisme. Il ne faut plus s'interroger sur la démesure du projet, le choix de son emplacement... Souhaitons et faisons tout pour son succès . L'inquiétude réside quand même dans l'incidence qu'auront les flots supplémentaires de visiteurs sur la Chaîne, car rien n'a été créé alentour pour préserver la nature de leurs assauts.

Les Volcans d’Auvergne méritaient une structure dédiée. Créé pour cela en 1977 à l’initiative du Conseil Régional, le Parc Naturel des Volcans d’Auvergne, portant sur une vaste étendue dont la Chaîne de Puys occupe la partie Nord, y répond. Ses missions portent sur le développement de la vie sociale, économique et culturelle, l’exploitation des ressources, sur la protection de ce milieu naturel d’une grande beauté laissé par les générations passées, et sur le déploiement de l’accueil, facteur grandissant de l’essor économique. Vaste entreprise où l’innovation, l’information, l’animation, la pédagogie se combinent pour mettre en valeur et préserver une région superbe mais fragile. Dommage que le Parc ne possède pas de site internet à la hauteur de ses engagements.

Bien vus les aménagements des Puys de la Vache et de Lassolas : tableaux explicatifs, repérages, escaliers.

A étendre vivement dans les secteurs les plus fréquentés.

A gauche le flanc sud du Puy de Pariou en 1985, au milieu le même en 2000 et à droite en 2010

Victime de son succès, l'édifice était définitivement défiguré par le piétinement continu des visiteurs qui ouvrant une saignée de 4 m de large, sans espoir de reprise des sols et de la végétation. Aujourd'hui un escalier permet d'accéder et de contenir le flux. Belle réalisation, même si la construction marque un peu le flanc du volcan.

Il y avait urgence...


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